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Assemblée nationale · 36 pages · text from the file's own layer

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Je remercie de leur présence les parlementaires suivants : Mme Catherine Procaccia,
sénateur, vice-président de l’Office, M. Denis Baupin, député, vice-président de l’Assemblée
nationale, et Mme Anne-Yvonne Le Dain, députée, vice-présidente de l’Office, qui suivent
particulièrement cette question à l’Office. Le sénateur Pierre Médevielle était là tout à l’heure,
mais n’a pu rester à cette deuxième audition.
Une première intervention : Le besoin d’une prise de recul sur l’évènement
Sans tarder, je voudrais donner la parole à M. Patrick Lagadec, docteur d’État en
sciences politiques, analyste. Je vais lui demander de nous faire un cadrage stratégique, et
comment qualifier le problème. Dans le contexte de crise et de risques en émergence, quels
sont les pièges et les pistes ? Les nouvelles technologies entrainent-elles de nouvelles
menaces, et si oui, comment peut-on les concilier avec un besoin d’information de plus en
plus important de la population ?
M. Patrick Lagadec, docteur d’Etat en sciences politiques, analyste. Merci
monsieur le président. Comme le disait Dominique Dormont, la première responsabilité de
l’expert est de situer les limites de son expertise. Je ne suis expert ni des drones, ni du
nucléaire, ni du terrorisme. Mon travail est de réfléchir sur la façon de prendre en charge ces
crises non conventionnelles qui sortent de nos cadres de référence. Je voudrais examiner le
problème des drones sous cet angle.
Première question : de quoi s’agit-il ? J’aperçois l’exigence de sortir d’un champ de
vision fixe et déterminé. J’ai entendu beaucoup de choses sur l’explosif et le béton. Il faut
élargir, même si les spécialistes doivent traiter de cette question très spécifique. Il y a les
réseaux, l’atteinte à la confiance des personnes, ce que j’appellerais les « soft targets » – les
cibles plutôt molles de l’humain –, où la crédibilité et la confiance peuvent être atteintes. Et
puis il y a une chose à laquelle on ne songe pas beaucoup mais qui émerge de plus en plus :
l’alimentation d’un certain chaotique. On ne l’aime pas du tout, car on ne sait pas le traiter ni
tirer parti de réactions inappropriées, car nous tendons à appliquer des réponses valables dans
une situation à peu près stable également à une situation développée en mode chaotique.
Un dernier élément permet d’élargir le champ de vision, celui de toujours garder la
question ouverte. Et si c’était autre chose, seulement un travail pour saper un développement
économique, sans lien avec le nucléaire, mais qui y prendrait appui pour en faire un levier ? Il
y a plusieurs pistes de réponse à la question : de quoi s’agit-il ? Sur ces mouvements
complètement émergents, il est essentiel de garder la cartographie tout à fait ouverte.
Deuxième question : quels sont les pièges ? C’est une question cruciale dès que l’on
sort des risques conventionnels. Si l’on agit sans trop réfléchir avec des paradigmes et des
logiques fondamentales, on les appliquera et elles se révèleront inadaptées à un champ
chaotique. Ici, l’erreur serait de ne regarder qu’une seule famille de risques, de chercher la
solution technique définitive ou le bon schéma d’organisation de structures qui donnerait
toutes les réponses.
Évidemment, une communication totalement fermée ne correspondrait plus aux
enjeux d’aujourd’hui, avec les réseaux sociaux et les attentes sociétales en matière de
communication. Ce sujet extrêmement complexe est hybride, avec ce qui est sensible et ce qui
doit être dit.

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