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OPECST hearing transcript c1415055

Assemblée nationale · 27 pages · text from the file's own layer

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retombe au sol, de même que les obus antiaériens. De telles actions pourraient engendrer des
dommages pour les biens ou les personnes situés dans la zone attaquée.
En résumé, cette menace est sérieuse et des moyens techniques de détection, de
localisation de leurs auteurs et de neutralisation existent. Nous recommandons que ces
moyens soient mis en place dans le cadre de la chaine de posture permanente de sécurité
(PPS) du Centre national des opérations aériennes (CNOA) de l’armée de l’air. On pourrait
aussi imaginer de mettre en place des moyens déplaçables pour pouvoir se positionner là où la
menace est la plus importante. Il convient enfin de bien réfléchir au concept d’emploi, qui
nous parait la question majeure à traiter, avant la destruction des drones, pour assurer la
sécurité de tout l’environnement.
M. Jean-Yves Le Déaut, président. – Monsieur Devaux, la direction générale de
l’armement a une expertise tant sur les drones militaires que sur les moyens de riposte. Quels
sont les moyens à l’étude pour faire respecter l’interdiction de survol ?
M. Jean-Pierre Devaux, ingénieur général de l’armement, directeur de la
stratégie, direction générale de l’armement (DGA), ministère de la défense. – Les
systèmes de drones de toute taille et de toute nature se sont considérablement répandus ces
dernières années, et la tendance devrait se poursuivre, voire s’accélérer. Si l’on excepte les
grands drones (MALE et HALE) qui sont l’apanage d’une poignée de pays, la menace
proliférante pour nos forces en opération en matière de drone est constituée d’engins de petite
taille : drone tactiques (plusieurs dizaines ou centaines de kilogrammes), minidrone (plusieurs
kilogrammes), microdrone (un ou quelques kilogrammes).
Le danger que représentent ces systèmes est principalement de deux ordres :
renseignement de l’adversaire sur le dispositif et la manœuvre de nos forces et agression par
drone « kamikaze ». Pour les microdrones (voire les minidrones), on est dans une logique de
type EEI (engin explosif improvisé), avec un fort emploi de l’innovation à disposition sur le
marché (« sur étagère »), difficile à prévoir en termes d’évolution.
Les capacités d’emport de ces engins, comme leur manœuvrabilité, sont cependant
faibles, au moins à l’échelon individuel. Il existe des technologies de fonctionnement en
essaims qui pourraient accentuer de manière assez forte les possibilités de ces engins, dès lors
que vous en faites arriver une dizaine ou une vingtaine sur un lieu donné. Nous surveillons
bien évidemment toutes les technologies, ainsi l’emploi du GPS ou le stockage de données
avec très peu de communication en vol.
La menace, d’un point de vue militaire, est à ce jour considérée comme faible, même
si elle existe. Elle n’a en conséquence pas justifié à ce jour l’expression de besoin pour la
mise en place de moyens dédiés à la détection ou la neutralisation de petits systèmes de drone.
Cette menace des minidrones est cependant considérée plus sérieuse à l’horizon post 2020.
Des programmes comme Scorpion ou SCCOA (système de commandement et de
conduite des opérations aérospatiales) intégreront à cette échéance la lutte contre ces engins
pour la protection, d’une part, en opération, d’une force terrestre, d’autre part, sur le territoire
national, des zones interdites temporaires (ZIT) englobant entre autres les centrales nucléaires,
dans le cadre de la posture permanente de sureté (PPS) qui relève de la responsabilité de
l’armée de l’air.

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