Documents / Hearing transcript
No summary written yet.
6 retombe au sol, de même que les obus antiaériens. De telles actions pourraient engendrer des dommages pour les biens ou les personnes situés dans la zone attaquée. En résumé, cette menace est sérieuse et des moyens techniques de détection, de localisation de leurs auteurs et de neutralisation existent. Nous recommandons que ces moyens soient mis en place dans le cadre de la chaine de posture permanente de sécurité (PPS) du Centre national des opérations aériennes (CNOA) de l’armée de l’air. On pourrait aussi imaginer de mettre en place des moyens déplaçables pour pouvoir se positionner là où la menace est la plus importante. Il convient enfin de bien réfléchir au concept d’emploi, qui nous parait la question majeure à traiter, avant la destruction des drones, pour assurer la sécurité de tout l’environnement. M. Jean-Yves Le Déaut, président. – Monsieur Devaux, la direction générale de l’armement a une expertise tant sur les drones militaires que sur les moyens de riposte. Quels sont les moyens à l’étude pour faire respecter l’interdiction de survol ? M. Jean-Pierre Devaux, ingénieur général de l’armement, directeur de la stratégie, direction générale de l’armement (DGA), ministère de la défense. – Les systèmes de drones de toute taille et de toute nature se sont considérablement répandus ces dernières années, et la tendance devrait se poursuivre, voire s’accélérer. Si l’on excepte les grands drones (MALE et HALE) qui sont l’apanage d’une poignée de pays, la menace proliférante pour nos forces en opération en matière de drone est constituée d’engins de petite taille : drone tactiques (plusieurs dizaines ou centaines de kilogrammes), minidrone (plusieurs kilogrammes), microdrone (un ou quelques kilogrammes). Le danger que représentent ces systèmes est principalement de deux ordres : renseignement de l’adversaire sur le dispositif et la manœuvre de nos forces et agression par drone « kamikaze ». Pour les microdrones (voire les minidrones), on est dans une logique de type EEI (engin explosif improvisé), avec un fort emploi de l’innovation à disposition sur le marché (« sur étagère »), difficile à prévoir en termes d’évolution. Les capacités d’emport de ces engins, comme leur manœuvrabilité, sont cependant faibles, au moins à l’échelon individuel. Il existe des technologies de fonctionnement en essaims qui pourraient accentuer de manière assez forte les possibilités de ces engins, dès lors que vous en faites arriver une dizaine ou une vingtaine sur un lieu donné. Nous surveillons bien évidemment toutes les technologies, ainsi l’emploi du GPS ou le stockage de données avec très peu de communication en vol. La menace, d’un point de vue militaire, est à ce jour considérée comme faible, même si elle existe. Elle n’a en conséquence pas justifié à ce jour l’expression de besoin pour la mise en place de moyens dédiés à la détection ou la neutralisation de petits systèmes de drone. Cette menace des minidrones est cependant considérée plus sérieuse à l’horizon post 2020. Des programmes comme Scorpion ou SCCOA (système de commandement et de conduite des opérations aérospatiales) intégreront à cette échéance la lutte contre ces engins pour la protection, d’une part, en opération, d’une force terrestre, d’autre part, sur le territoire national, des zones interdites temporaires (ZIT) englobant entre autres les centrales nucléaires, dans le cadre de la posture permanente de sureté (PPS) qui relève de la responsabilité de l’armée de l’air.
Hearing transcript, cited by the archive. The PDF is mirrored here; the original link is above. 27 pages are in the text index: search them above, or from the library's search.