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— 6 — faux militants malintentionnés et dangereux s’infiltrent en leur sein. Ce risque est d’autant plus grand que, d’une part, ces organisations n’ont évidemment pas vocation à « filtrer » leurs adhérents en amont et que, d’autre part, les groupes investissant les sites nucléaires sont souvent multinationaux et peuvent donc comporter des individus inconnus des forces de l’ordre françaises. En réduisant le nombre d’intrusions « politiques » par leur caractère dissuasif, les peines proposées permettraient aussi de diminuer le risque d’actions réellement malveillantes. Elles permettraient par ailleurs aux forces de sécurité d’être mieux à même de faire la distinction entre les différentes catégories d’intrus, ce qui rendrait leur action et leur réponse plus efficaces. L’enjeu du renforcement de la réponse pénale est de leur permettre de ne pas avoir de doute quant aux intentions des intéressés. Or, on peut raisonnablement penser que les personnes qui chercheraient à s’introduire sur les sites en dépit des nouvelles peines encourues ne seraient pas animées d’intentions pacifiques. Précision importante, une telle évolution de notre régime juridique ne priverait les militants antinucléaires d’aucune liberté publique et d’aucun droit fondamental constitutionnellement reconnu et protégé. En effet, la liberté d’expression et de manifestation peut parfaitement s’exercer à l’extérieur des sites nucléaires, sans pour autant réduire la force ou la portée du message de ceux qui en usent. Il ne s’agit pas d’un texte contre les antinucléaires, mais pour la protection d’installations sensibles dont chacun peut reconnaître qu’il ne s’agit pas de sites comme les autres. Si, malgré ces explications, certains sont tentés d’invoquer la violation de la liberté d’expression, je leur soumettrai la comparaison suivante : s’ils avaient des griefs à l’encontre du service public hospitalier, s’ils souhaitaient par exemple alerter l’opinion publique sur les mauvaises conditions d’asepsie dans certains établissements, leur viendrait-il à l’esprit d’aller manifester dans le bloc opératoire, en pleine intervention chirurgicale, pour donner plus de poids à leur argumentation ? Probablement pas. En réalité, la vocation de ce dispositif étant dissuasive, j’espère qu’il ne sera jamais mis en œuvre. Il vise en effet d’abord à décourager, et non à punir. Mais, grâce à lui, les forces de sécurité pourront concentrer toute leur attention sur les véritables menaces et enjeux de sécurité et remplir la mission pour laquelle elles sont entraînées et formées : non pas courir derrière des militants, mais lutter contre le terrorisme nucléaire. En somme, ce texte vous propose une solution gagnant-gagnant. Si cette commission et, demain, le Parlement adoptent la présente proposition de loi, les pouvoirs publics auront pris leurs responsabilités. Il reviendra alors aux opérateurs de faire de même en consentant les investissements nécessaires pour assurer une protection maximale des installations nucléaires. C’est le sens de la réglementation relative à la protection et au contrôle des matières nucléaires, de leurs installations et de leur transport. Elle prévoit un plan de mise en conformité du parc avec les nouvelles exigences de sécurité. La date butoir du 1er juillet 2016 ne sera sans doute pas respectée, mais les opérateurs doivent tout faire pour avancer au maximum à ce sujet. En tout état de cause, ils ne pourront plus tirer argument de l’inadaptation du régime juridique pour retarder certains investissements. Ce texte n’est ni de droite ni de gauche : c’est simplement un texte nécessaire, et je crois que ce constat est largement partagé, au-delà des appartenances politiques. De fait, il a
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