Documents / Hearing transcript

OPECST hearing transcript c1415056

Assemblée nationale · 36 pages · text from the file's own layer

This is the official record (compte rendu no. 56) of a public hearing held by the French Parliamentary Office for the Evaluation of Scientific and Technological Choices (OPECST) on 24 November 2014, chaired by deputy Jean-Yves Le Déaut. The hearing covered drone overflights of French nuclear installations: at least twenty drones had flown over nuclear sites in violation of the law. Drone makers, operators, regulators and nuclear safety officials took part. The chair concluded that the flights looked like an organised operation and that some changes to the law might be needed.

24
Une grande variété de drones est disponible sur le marché, que ce soit dans des
magasins spécialisés destinés aux « amateurs » ou sur internet. Ces appareils ne sont pas des
jouets, mais des machines capables d’exécuter et de suivre des ordres, soit de façon directe,
soit de manière autonome.
Dans un deuxième temps, j’ai examiné les vulnérabilités des centrales nucléaires
françaises. Cette tâche a priori difficile a été facilitée par le fait que, à la suite de la
catastrophe de Fukushima en 2011, l’ASN a identifié les failles et les vulnérabilités des
centrales nucléaires en exploitation et a rendu ces éléments publics.
Le besoin, exprimé par l’ASN d’installer un « noyau dur » sur toutes, je dis bien
toutes les centrales en fonctionnement, est particulièrement important. L’absence actuelle de
« noyau dur » signifie que les centrales nucléaires françaises sont privées d’une barrière de
protection ultime en cas de perte totale des alimentations électriques externes et internes,
quelle qu’en soit l’origine. C’est ce qui s’est produit à Fukushima, entrainant la perte
catastrophique de trois unités nucléaires.
En France, en cas de perte totale de l’alimentation électrique sur une centrale,
l’exploitant serait dans l’incapacité de maintenir le refroidissement du combustible hautement
radioactif situé dans le réacteur, mais aussi dans la piscine de désactivation. En l’absence de
refroidissement à la suite d’un arrêt d’urgence, il faudrait environ une heure pour que le
processus irréversible de fusion du combustible se trouvant dans le cœur du réacteur, en
général entre 80 et 100 tonnes, se déclenche.
Concernant les piscines de désactivation, qui peuvent contenir plusieurs centaines de
tonnes de combustible, l’ébullition de l’eau pourrait démarrer, dans certaines circonstances,
dans un délai de six heures, entrainant une réaction puissante entre les gaines de combustible
et la vapeur, l’accumulation d’hydrogène et un risque élevé d’explosion dans un délai
d’environ dix à douze heures.
Il existe plusieurs risques graves liés au confinement et à la sécurité des bâtiments de
combustible, notamment pour les réacteurs les plus anciens de 900 MWe. Le principal
élément problématique réside dans le fait qu’il suffirait à une personne mal intentionnée de
priver les piscines de refroidissement ou de l’alimentation électrique, ou des deux, pour
enclencher un processus qui, sans intervention ultérieure de sa part, résulte inévitablement
dans la destruction brutale du combustible usé.
À Fukushima, l’hydrogène qui s’est accumulée dans le réacteur lors de la fusion du
cœur a ensuite détruit totalement les trois réacteurs en fonctionnement. Aucune mesure ne
pouvait être prise pour empêcher cette réaction, ni les rejets massifs de radioactivité qui ont
suivi dans la région avoisinante et dans l’environnement marin.
Pour pallier les faiblesses et les vulnérabilités identifiées, l’ASN comptait sur la mise
en place d’un « noyau dur » sur toutes les centrales d’ici à 2018. Mais, d’après mes
recherches, ce processus rencontre des difficultés en termes de ressources et de calendrier. Il y
a quelques mois, EDF a reconnu qu’il aurait au minimum quatre ans de retard sur l’échéance
prévue au départ.
En raison de l’ouverture dont a fait preuve l’ASN mais aussi de l’impossibilité pour
EDF de tenir ses engagements, les centrales nucléaires françaises vont devoir se passer de
cette barrière de défense ultime et cruciale pour au moins une dizaine d’années encore.

About this file

Hearing transcript, cited by the archive. The PDF is mirrored here; the original link is above. 36 pages are in the text index: search them above, or from the library's search.