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— 3 — impossible de dresser une liste détaillée et exhaustive de l’ensemble des risques pesant sur ces sites. Pour ce qui concerne les centres nucléaires de production d’électricité (CNPE), l’une des menaces principales a trait à l’action d’agresseurs internes ou externes aux installations dans le dessein de dérober de la matière nucléaire à des fins de fabrication d’un engin nucléaire ou dans le but de procéder à un sabotage susceptible de porter atteinte à la santé des personnes et à l’environnement. Je rappelle à cet égard que notre pays compte cinquante-huit réacteurs nucléaires, et que la moitié de la population française vit à moins de quatre-vingts kilomètres d’une centrale. Sans vouloir paraître excessivement alarmiste, je considère que nous devons rester conscients que le risque terroriste n’est pas une simple vue de l’esprit ou le produit d’une paranoïa sans fondement. Les attaques, prises d’otages et meurtres abjects perpétrés il y a trois semaines dans notre pays nous le rappellent cruellement, de même que les attaques ayant visé des installations énergétiques à l’étranger ces dernières années : en juillet 2010 sur la centrale hydroélectrique de Baksan dans le Caucase russe ; en janvier 2013 sur le site gazier d’In Amenas en Algérie ; en avril 2013 sur la centrale thermique de Peshawar au Pakistan ; en mai 2013 sur l’usine de traitement d’uranium Somaïr, filiale d’Areva, au Niger. À ce jour, nos centrales nucléaires n’ont eu à subir ni attaque terroriste ni sabotage. En revanche, elles ont fait l’objet d’actions, souvent massives et parfaitement organisées, de la part de militants déterminés et bien équipés. De telles actions ne relèvent naturellement pas de la « menace de référence » et ne présentent pas de risque majeur tant qu’elles restent le fait de simples militants. Elles n’en demeurent pas moins préoccupantes, car l’intrusion sur un site nucléaire n’est pas un acte anodin. Depuis 2009, la sécurité des CNPE est assurée par des pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie (PSPG). Depuis cette date, ce sont 156 personnes qui ont été interpellées lors d’intrusions ou de tentatives d’intrusion. Ces infractions particulièrement graves, puisqu’elles visent des sites sensibles, sont certes condamnées par la justice. Toutefois, les peines sont toujours relativement clémentes. Cela ne s’explique pas par un laxisme particulier du juge, mais pas l’inadaptation de notre dispositif juridique. Au-delà des intrusions, je souhaiterais rapidement évoquer une problématique récente : les survols de drones. Depuis le 10 septembre dernier, dix-neuf sites abritant des matières nucléaires ont été illégalement survolés par ces aéronefs télépilotés, au cours de quarante épisodes distincts. Parmi les dix-neuf sites visés, on compte quatorze centrales nucléaires. Nous avons appris récemment que le palais de l’Élysée n’était pas épargné par ce phénomène. Ces survols ont créé un grand émoi, et ont suscité une forte réaction médiatique. Vingt-six procédures judiciaires sont en cours afin de lever le voile sur ces actions. Il convient de ne pas être alarmiste. À ce stade, les engins utilisés ne sont pas de nature à constituer un risque radiologique. Il s’agit d’appareils de taille relativement réduite, à faible autonomie et ne disposant pas d’une grande capacité d’emport. Mais force est de constater que la multiplication de ces survols sur une période assez courte et la simultanéité de certaines actions supposent un degré d’organisation et de coordination qui conduisent à écarter les survols accidentels. Il s’agit de faire la lumière sur ces actes ; c’est ce que doivent permettre les procédures judiciaires en cours.
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